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Sors de ce puits !

Une exhortation de BETH MOORE - adaptation française: © Phil Edengarden

Et nous, dans notre marche à la suite de Jésus, ne nous est-il jamais arrivé de nous retrouver enfermés tout au fond d’un puits ?

Une façon de discerner si, oui ou non, nous sommes au fond d’un puits est de se poser la question suivante : Sommes-nous vraiment là où nous le voulons ?

Si ce n’est pas le cas, comment se fait-il que nous trouvions ailleurs ? Et si, conscients de ne pas être là où nous le devrions, nous n’arrivons pas à reprendre notre place, pouvons-nous l’expliquer ? En réalité, le fait de ne pas pouvoir répondre par l’affirmative à ces questions est un indicateur par lequel nous pouvons nous rendre compte que nous sommes dans un puits.

Mais qu’est-ce qu’un puits ? Comment fait-on pour se retrouver au fond d’un puits ? Et quand on s’y trouve enfermé, comment fait-on pour en sortir ?

Psaume 40, 1-11:

J’avais vraiment mis tout mon espoir dans le Seigneur, et il s’est incliné vers moi et il a écouté mes cris. Il m’a extrait d’une fosse mortelle, de la fange du bourbier ; il a posé mes pieds sur le roc, il a raffermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une hymne à la gloire de note Dieu. A ce spectacle, beaucoup d’hommes rendront hommage à Dieu et mettront leur confiance dans le Seigneur. Heureux l’homme qui a mis son espoir dans le Seigneur sans frayer avec les idolâtres et les apostats. Vos œuvres merveilleuses, Seigneur, ô mon Dieu, sont innombrables, et personne ne peut vous être comparé dans vos desseins bienveillants envers nous. Je voudrais les raconter, les publier, il y en a trop pour les énumérer. Vous ne prenez plaisir à aucun sacrifice, à aucune offrande, mais vous avez rendu mes oreilles attentives. Vous ne désirez ni holocauste ni victime d’expiation. Alors j’ai dit : « Me voici, je viens ; c’est de moi dont il est fait mention dans le Livre. Mon Dieu, je prends plaisir à faire votre volonté, votre loi est au fond de mon cœur. J’ai annoncé la justice dans une assemblée nombreuse, je n’ai pas tenu mes lèvres closes, Seigneur, vous le savez. Je n’ai pas enfoui votre justice dans les secrets de mon cœur, mais j’ai proclamé tout haut votre fidélité est votre salut. Je n’ai pas dissimulé votre bonté ni votre fidélité devant la foule assemblée.

Louange

Ce psaume apparaît dans le Nouveau Testament en lien avec la personne de Jésus, le christ. Cependant, il s’applique également à nous, qui sommes ses disciples. Le troisième verset de ce psaume fait mention d’un puits dont le serviteur de Dieu aurait été extrait. La bible nous offre plusieurs récits où il est question d’un puits dans lequel on aurait enfermé une personne : il y a l’histoire de Joseph, fils du patriarche Jacob, et celle du prophète Jérémie. Nous allons y revenir un peu plus loin.

Sans doute allons-nous penser que l’image du puits se rapporte au péché. D’ailleurs, l’Ecriture nous présentera souvent l’image du puits en rapport avec un péché dans lequel on s’est enlisé. Mais nous pouvons élargir notre réflexion et considérer l’image du puits en rapport avec toute situation embarrassante de la vie courante dans laquelle nous nous trouvons impliqués et dont nous ne parvenons pas à nous libérer. Il s’agit de chacun de ces endroits où nous ne voulons pas demeurer et où il n’est pas utile que nous restions. En fait, toute situation dont on ne peut pas se dépêtrer constitue un puits. Ce type de circonstances peut être décrit à l’aide des adjectifs qualificatifs suivants : fangeux, boueux et glissant.

Trois façons de tomber dans un puits

1. Nous avons été jetés dans un puits.

Dans la Bible, l’histoire de Joseph décrit ce type de situation. Au chapitre 37 de Genèse, les frères de Joseph sont enlisés dans le puits de la jalousie, dans lequel leur père les a fait tomber en favorisant leur jeune frère. Ils profitent d’une occasion favorable pour se venger de l’injustice qui leur a été infligée en jetant Joseph dans un puits et en annonçant à leur père qu’il a été tué. Est-il possible d’occasionner un traumatisme plus sérieux à un père de famille ? Voilà donc notre arroseur arrosé : Jacob favorise un de ses fils, ce qui pousse ses autres fils à tomber dans le puits de la jalousie. Ces derniers poussent Joseph dans un puits et s’en vont annoncer sa mort à leur père. Et, à son tour, Jacob tombe dans un puits de douleur dont il n’est pas possible de le consoler.

Pour Joseph comme pour ceux d’entre nous qui en font l’expérience, ce type de situation est d’autant plus difficile à vivre et à surmonter qu’il ne s’agit pas de la conséquence d’un péché personnel : nous sommes les victimes innocentes de la malveillance d’autrui. Cela arrive, par exemple, quand un mari annonce tout à trac à son épouse qu’il entretient une liaison extraconjugale et qu’il va la quitter pour une autre personne. Du jour au lendemain, c’est toute la famille qui se retrouve plongée au fond d’un puits. Cela peut aussi arriver lors de restructurations soudaines au sein d’une entreprise et d’un licenciement imprévisible. C’est également le cas lorsqu’une jeune femme est victime d’un viol.

Si une situation de ce type nous arrive lorsque nous sommes enfants et que celle-ci vient à se répéter ou s’inscrire dans la durée, comme dans un cas de pédophilie, de violences domestiques ou de divorce, il se peut que nous finissions par nous sentir chez nous au fond de ce puits dans lequel nous avons été poussés. Nous n’avons rien connu d’autre que cela et cela a fini par devenir une zone de confort. Et si nous ne sommes pas attentifs, voilà ce que nous allons faire : nous allons nous y installer et accrocher des images décoratives aux murs de ce puits. Nous allons nous en accommoder et tout faire à partir de ce qui nous semble être un prolongement de nous-mêmes. Nous ne serons probablement même pas conscients que nous vivons au fond d’un puits.

Pour nous en rendre compte, il suffit de se poser la question suivante : notre vie est-elle « victorieuse » ? Notre vie pourrait-elle être décrite par le terme « abondance » ? Non pas une abondance de choses matérielles, mais une abondance de vie, une plénitude de vie. La question n’est pas de savoir si notre situation est aisée mais si nous faisons de notre existence quelque chose d’enrichissant : Dieu est-il abondement présent dans notre vie ? Fonctionnons-nous à plein rendement au sein du corps du Christ ? Avons-nous le moindre impact dans notre sphère d’influence immédiate ? Car c’est rendre gloire à Dieu que de porter du fruit en abondance. Car c’est rendre gloire à Dieu que de réaliser tout ce qu’il a prévu pour nous dès avant la création du monde.

Si nous vivons en-dessous de ce seuil de réalisation en Dieu, nous pouvons sérieusement nous demander si nous ne sommes pas au fond d’un puits dont nous ne parvenons pas à sortir. A ce stade, nous avons diminué nos attentes à un niveau tellement bas que la plénitude de vie que le Christ est venu nous offrir nous apparait comme impossible à atteindre et que l’abondance de fruits que nous pourrions porter en Dieu représente un pari impossible à gagner.

Certains d’entre nous se trouvent dans un puits de ce type mais ne trouvent personne à blâmer pour cette situation. Ils peuvent même en venir à imaginer que c’est Dieu lui-même qui les y a plongés. Dans le livre de Jérémie, au chapitre 38, on apprend que le prophète Jérémie a été jeté dans un puits au fond duquel se trouvait de la boue. Et comment s’est-il trouvé dans cette situation ? Ni plus, ni moins, pour avoir obéi à Dieu ! Il a agi en parfaite conformité avec ce qui lui a été prescrit. Cela doit réveiller pas mal de confusion, lorsque la conséquence de l’obéissance à la volonté de Dieu est d’être immergé, tout à coup, dans ce cadre particulier, non ?

A la fin de la première partie de ce psaume 40 que nous avons évoqué au commencement, ce ne sont que louanges à Dieu dans l’adversité. Contrairement au psalmiste, dont le cœur continue de chanter les miséricordes du Seigneur en dépit des circonstances désastreuses, il se peut que nous ayons nourri de l’amertume en notre esprit ou que nous ayons trouvé une excuse dans cette situation pour justifier les mauvais choix que nous faisons. Certes, il se peut que nous ne soyons pas plongés au fond d’un puits des suites de notre propre péché, que nous y ayons été séquestrés alors que nous étions innocents, mais notre attitude face aux circonstances adverses est tellement négative que cette innocence du départ n’est plus qu’un lointain souvenir. Nous sommes alors les prisonniers de nos propres réactions en chaîne, lesquelles sont passées à côté de la cible.

Lorsque nous avons été jetés au fond d’un puits par une personne que nous pouvons identifier, le premier échelon à gravir pour en sortir est d’arriver à pardonner à cette personne. Il se peut que cette personne ne vienne pas nous exprimer de regret pour ce qu’elle a fait, mais nous devons nous rendre disponibles pour cette personne et nous savoir réellement capables de répondre par « oui » si elle venait nous demander de lui pardonner. Il est d’ailleurs plus que probable qu’on ne pourra pas sortir de ce puits tant que notre cœur ne sera pas en paix vis-à-vis de cette personne. La rancœur est une vraie prison.

Par ailleurs, quand, convaincus de notre innocence, nous nous trouvons au fond d’un puits sans que nous ne trouvions personne à qui imputer la faute, la fin de la victimisation constitue la première étape à franchir en vue de la résolution du problème : nous pouvons alors lever les yeux vers le ciel et louer Dieu, en qui nous plaçons notre espérance.

2. Nous avons glissé dans un puits.

Il arrive qu’une addiction dans laquelle on s’enlise par accident constitue une façon de glisser dans un puits. Il s’agit d’une habitude que nous n’avions pas programmée. Prenons un exemple : un beau jour, au détour de circonstances adverses, quelqu’un nous a tendu un verre et les effets de l’alcool nous ont soulagés de la douleur émotionnelle qui nous accablait. Par la suite, nous avons été tentés de reprendre un verre à chaque fois que la peine se manifestait et, au bout d’un certain temps, nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions plus nous passer de l’alcool ; en fait, nous en consommions même quand il n’y avait plus aucun cri de douleur particulière à étouffer en nous...

Notre société de consommation actuelle constitue un tremplin parfait vers toutes sortes de dépendances compulsives. Elle est comme un distributeur automatique de peaux de bananes que l’ennemi installe sur notre route de tous les jours et nous devons faire preuve de beaucoup de vigilance pour ne pas glisser dessus. Notre culture contemporaine nous invite à ne pas nous satisfaire de ce que nous avons. Au contraire, on nous propose toujours plus de tous ces produits de consommation, souvent vides d’utilité, que des entreprises commerciales animées par le goût du lucre mettent à notre disposition sur le marché.

Cependant, dans le cas de ces glissades inattendues, il faut se souvenir que notre route comporte des panneaux d’avertissement. Voilà pourquoi nous devons veiller à faire ce que Dieu nous recommande. Nous disposons de plusieurs indicateurs pour nous orienter : Une bonne connaissance de la Parole de Dieu constitue la meilleure des protections. Un pasteur attentif ou les frères et sœurs de notre assemblée sont également habilités à nous reprendre dans la douceur quand ils s’aperçoivent que nous nous engageons sur une pente glissante. Et puis, dès lors que nous sommes habités du Saint-Esprit, nous bénéficions de motions claires au moyen desquelles Dieu nous met en garde du danger.

Quand, par exemple, nous commençons à construire une relation avec un collègue du sexe opposé et que l’Esprit Saint nous avertit d’un danger potentiel, ne cherchons pas de bonnes raisons pour nous convaincre du contraire. Soyons certains qu’il vaut mieux en rester là dès que nous recevons un avertissement de ce genre de la part de l’Esprit du Tout-Puissant, même si nous ne comprenons pas pourquoi et que nous n’avons pas d’explications rationnelles à fournir pour justifier une certaine prise de recul.

Une amie portait un pacemaker depuis plusieurs années. Un beau jour, elle s’est mise à entendre un « bip » dont elle n’arrivait pas à définir la provenance. Elle a retiré la prise de courant et extrait la batterie de tous les appareils ménagers qui se trouvaient dans sa maison sans jamais pouvoir mettre la main sur la source de cette sonnerie. Elle ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi l’intensité de la sonnerie était la même dans toutes les pièces de la maison, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il s’agissait de son pacemaker… Pour la plupart d’entre nous, nous cherchons l’origine du problème en dehors de nous-mêmes : pour l’un, c’est son mari, pour l’autre, c’est l’administration, etcétéra. Alors que le véritable problème est souvent au-dedans de nous, mais nous omettons de l’envisager. Nous entendons le signal émis par le Saint Esprit qui nous avertit du danger mais nous refusons d’en tenir compte.

Il arrive que nous soyons confrontés à une demande d’aide de la part d’une personne. Il se peut que, spontanément, notre tendance soit de répondre positivement à ce type de requête. Mais si l’Esprit Saint nous avertit de ne pas agir, c’est que nous ne sommes tout simplement pas la personne qui allons pouvoir le faire. Dieu a des plans de bonheur mais, attention, l’ennemi se tient à l’affût pour détourner les meilleures intentions du monde et les utiliser pour qu’elles contribuent à notre chute et à notre emprisonnement au fond d’un puits !

Evidemment, il ne faut pas, pour autant, commencer à marcher dans la crainte de voir tous les aspects de notre existence se transformer en dépendance. Dans ce cas, la peur serait, à elle seule, une dépendance, un enfermement, un puits. Mais il convient de se mettre à l’écoute de ces motions de l’Esprit Saint, par qui nous sommes avertis à chaque fois que nous sommes sur le point de dépasser la limite à ne pas franchir.

Un puits est comme une tombe que l’ennemi a creusée pour nous afin de nous y enterrer vivants. Il faut absolument éviter d’y glisser et de s’y laisser enfermer. En ce qui concerne ce deuxième cas, ce puits dans lequel nous glissons sans l’avoir planifié d’avance, le moyen d’en sortir est de se repentir le plus vite possible et, si nécessaire, d’avoir recours à une prière de délivrance.

3. Nous avons sauté dans un puits.

Bon nombre de croyants abusent de la grâce dont ils sont les bénéficiaires. Ils oublient que la vie demeure un combat contre la chair jusqu’à la fin et qu’il est nécessaire de remporter la victoire contre toutes les forces obscures qui dominent sur nous. Ils s’excusent de leur médiocrité en affirmant que la faiblesse, c’est l’état d’âme naturel de l’être humain et qu’il faut s’en accommoder. Or, cela va à l’encontre du message de l’Evangile, qui nous invite à apporter au monde le témoignage de la victoire à l’encontre du péché, remportée par le Sauveur, à la croix. Certes, personne ne peut prétendre être en règle à 100%, personne ne peut nous abuser en affirmant être parfait ou « y être arrivé », cela n’existe pas ! La perfection n’est pas à notre portée en ce monde. Mais cela nous excuse-t-il de ne pas y tendre ?

Or, une chose est de tomber dans un péché par accident ou par inadvertance, autre chose est de planifier un crime avec préméditation. Il arrive, par exemple, que nous nous énervions brusquement devant une collègue de travail dont l’attitude nous a exaspérés. Mais ce type de réaction spontanée est, le plus souvent, excusable par la plupart des personnes raisonnables. Par contre, se dire, en se levant le matin, qu’on va régler ses comptes avec cette même collègue qui nous a énervé la veille et que la journée ne sera pas terminée avant que sa vie au bureau n’ait été rendue impossible à supporter, c’est un péché que l’on commet en pleine conscience, en le planifiant. Et les réactions en chaîne et les conséquences négatives engendrées par ce type d’actions, qu’il nous est peut-être arrivé d’organiser, sont généralement suffisamment désastreuses que pour constituer un puits dont il sera difficile de sortir.

La sortie de ce puits exige, notamment, une repentance sincère, un acte de contrition vis-à-vis de toutes les personnes concernées et, si possible, la réparation des dégâts qui ont pu être causés.

La meilleure manière de sortir du puits

Notons que ces trois cas de figure (être jeté dans un puits, ou glisser dans un puits, ou sauter dans un puits) ont ceci en commun : il est toujours possible d’en sortir ! Il n’existe pas de puits assez profond que pour ne plus avoir la possibilité d’en sortir. Cependant, nous ne pouvons que rarement en sortir tout seul, nous ne pouvons pas en être extraits par nos propres moyens ! Nous avons besoin d’être aidés par quelqu’un qui se trouve en hauteur. Il est indispensable d’appeler au secours ! Il nous faut appeler le Sauveur à l’aide. Il arrive que Dieu nous envoie d’autres personnes pour nous tirer d’affaire, mais attention, ne confondons pas l’aide de Dieu avec celle de personnes que la position de sauveteur pourrait placer en position d’autorité sur notre vie !

Si nous sommes pris par l’impatience ou si nous sommes à court d’espérance, il se peut que nous prenions l’initiative de demander à d’autres personnes de nous tirer du puits dans lequel nous nous trouvons. Dans ce cas, nous risquons de nous retrouver en esclavage ; nous instituons comme sauveur un être humain qui, par nature, est limité comme nous et nous nous mettons inéluctablement dans une situation de dépendance vis-à-vis de cette autre personne. Cela ne signifie pas qu’il nous faille rejeter toute forme d’aide de la part de frères et sœurs dans le Seigneur, mais si ces frères et sœurs sont authentiques, ils feront en sorte de nous rappeler qui est notre véritable Sauveur, à savoir Jésus, le Christ.

Faire de Jésus notre seul Sauveur exige que nous lui fassions pleinement confiance. Allons-nous prendre la peine de l’appeler au secours ? Allons-nous Le laisser faire comme il l’entend ? Allons-nous Lui faire pleinement confiance ? Allons-nous l’écouter lorsqu’il nous dicte la marche à suivre pour sortir de ce puits ?